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« Voix dé-délivres, voix du livre »

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Le Séminaire CRIVA du Mardi 17 mars 2026 à 20H30

« Voix dé-délivres, voix du livre »

 en Zoom et en présentiel

TITRE & ARGUMENT Paulette BENSADON :

Que nous font entendre les mots de certaines Écritures ? Qu’il s’agisse d’écriture poétique, de textes religieux (par la cantillation) ou de prose ; la forme bien plus que le sens dans ce cas nous fait entendre ce qui s’apparente au chant, véritable clapot des bercements premiers.  Lu à haute voix ou dans le silence propre à chacun, certaines d’entre elles nous transportent bien au-delà du sens. La voix qui s’en dégage par l’effet d’une cantillation précise, appelle et insiste, enveloppant le sujet tel que Didier Anzieu le décrit dans le Moi-peau dans un bain sonore constitutif. 

La prosodie d’une écriture telle la pulsion invoquante décrite par Lacan dans son séminaire XI appelle et invite nos voix intérieures les plus intimes et inconscientes à reprendre langue avec nousmême et peut-être avec un Autre. 

Faire silence pour mieux et plus entendre, certaines écritures comme en musique, à notre insu, nous font entendre du troublant et de l’insoupçonné. Loin de dire et faire entendre « La vérité », l’écriture est subjective ; elle est la rencontre de la voix de l’écrivain avec celle de son lecteur ; Umberto Eco en témoigne magistralement dans son ouvrage : Lector In Fabula rencontre essentielle et subjectivante s’il en est. L’écriture entendue ici comme trace inconsciente du corps tel que l’a défini S. Freud en 1925 dans : « Huit études sur la mémoire et ses troubles », par une note sur le wunder-bloc (bloc-note magique) nous fait entendre par quel procédé l’écriture est la trace inconsciente et enfoui qui remonte à la surface dans le meilleur des cas, en advenant ou pas une écriture singulière. Jacques Lacan, prolongeant l’exploration nous a mené du côté de l’inscription du sujet, par l’adresse, la le_re, le signifiant et le symbolique. 

Et c’est au confluent du désir et du geste, que par son style, l’écrivain comme l’indique Roland Barthes en 1972 dans : Le Degré zéro de l’écriture, en assure, je le cite : « […] sa splendeur, sa prison, sa solitude... son secret est un souvenir enfermé dans le corps de l’écrivain. […] ». Dans ce précipité, l’alchimie des mots propres à chacun, telle une prosodie, se mue en écho… et c’est bien au-delà du sens que par la facture de sa voix une écriture rencontre ou pas le lecteur.  

Paulette BENSADON :

Éducatrice spécialisée de formation initiale, elle a essentiellement travaillé auprès du public de la protection de l'enfance. Auteure et formatrice, elle accompagne de longue date les professionnels du soin psychiatrique et de l'éducation dans le cadre de supervisions individuelles et collectives. Titulaire d'un Master en Sciences de l'Éducation et d'une formation analytique, ses recherches portent sur l'expression poétique de la langue des êtres empêchés qui explorent, sur la musicalité de l'empreinte et l'écho des voix de l'écriture, et orientent aujourd'hui sa clinique.*      *

 

TITRE & ARGUMENT Alessandra BERGHINO :  

L'objet d'étude proposé appelle une attention particulière aux niveaux anthropologique, psychique et littéraire, tout en nous interrogeant sur la question fondamentale : pourquoi écrire ? Dans le Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo, Galilée situait le sens de l'écriture en ces termes : la plus grande invention de l'être humain tient à l'assemblage de ces quelques dizaines de lettres qui donnent vie à l'écriture. J'écris parce que dans cent ans, mille ans, peut-être dix mille ans, quelqu'un prendra connaissance de mon existence.

Les bibliothèques peuvent être imaginées comme des archipels, au sens grec du terme : une île n'est jamais seulement une île.

Un livre est aussi un territoire psychique où l'homme peut venir se poser.

Dans la tradition talmudique, on lit un livre comme on lit l'histoire d'un homme, selon quatre niveaux de lecture.

On ne tourne pas les pages d'un livre : on déroule son histoire, on la traduit.

Le livre est matière vivante ; il doit être restauré, remis en état pour pouvoir être lu à nouveau, d'une génération à l'autre.

Un livre n'est pas une tombe, bien au contraire : il permet d'écouter la voix, les voix des absents. Une attention toute particulière revient à toute expression littéraire des témoins, ceux qui ont parlé ou parlent encore, pour ceux dont la voix a été bâillonnée.

Alessandra BERGHINO

 Alessandra Berghino est titulaire d'un doctorat en Histoire de l'Université de Turin. Formée à la microhistoire par Giovanni Levi et Carlo Ginsburg, elle a étudié l'anthropologie à l'Université de Londres. À Paris, elle s'est formée à la psychanalyse à Espace Analytique. Depuis 2012, elle collabore sur la place et les effets de la langue yiddish en psychanalyse. Elle a traduit en italien Le Préanalytique : Freud et le Yiddish. Pendant une décennie, elle a travaillé à l'O.S.E. auprès de survivants de la Shoah souffrant d'aphasie, créant pour eux un atelier choral.

Auteure de plusieurs articles en langue française. Représentante du CRIVA pour l'Italie.

  

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 Colloque TRIESTE  26 mars (soir) 27. 28. 29 mars(midi) à TRIESTE

« De l'exil au voix de l'écriture : la traduction au cœur du transfert »

 

TITRES & ARGUMENTSaffiche

 Le prochain Colloque du CRIVA aura lieu à Trieste en Italie, du jeudi 26 au dimanche 29 mars, sur le thème  : « De l'exil aux voix de l'écriture : la traduction au cœur du transfert ». L'Alliance française https://www.aftrieste.it/wp/ nous accueillera en ses locaux les 27 et 28 mars, et le jeudi 26 mars au soir, l'Antico Caffè San Marco https://www.caffesanmarco.com/ nous accueillera pour une soirée d'inauguration autour de Lectures de textes choisis parmi les œuvres d'écrivains exilés.

Ce colloque se tiendra en présentiel et en Zoom. Pour y participer et connaître les modalités d’accès, merci aux membres comme aux non-membres de vous inscrire sur le site du CRIVA https://www.criva.fr à l’onglet  colloque 2025-2026 ou sur la page d'Accueil. 
En cas de difficulté, merci d’adresser un mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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ARGUMENT  :

Quand la voix de l'exilé rencontre l'enlisement du silence, quand le mutisme menace la parole bannie de sa langue originaire, alors peut surgir l'impératif de la lettre invoquant l'écriture pour qu'elle trace un sillon dans la page devenue terre d'accueil. Entre la voix perdue et la voix désincarcérée, l'écriture se déploie comme un territoire autrifié où se joue une traduction in-édite, in-ouïe : celle qui transfère la langue du trauma au dire de la trace, le cri à la lettre, l'objet de l’indicible au sujet du Dire.

De la vocalisation éperdue de l'exilé à la vocation du scribe, une tension prend corps entre la lettre et la voix qui interroge l'analyste lecteur, déchiffreur et interprète des voix menacées d'extinction.

L'écrivain en exil, expatrié de sa langue maternelle, doit en repasser par les balbutiements de la lalangue afin de franchir les frontières de la langue étrangère, et oser une refonte symbolique de sa subjectivité en quête d'un refuge qui se fasse asile. Un couple inconscient lecteur-lectant, invoquant-écoutant inaugure un mode particulier de transfert, où la page se fait divan. Instaurant là un cadre qui interroge le psychanalyste et la cure analytique.

Le sujet exilé de son histoire, exilé de ses ancrage topologiques, consonne avec le sujet de l'inconscient exilé de son désir et de sa vérité.

Convoqués l'un comme l'autre à une traduction qui n'est pas seulement de langue, ils se confrontent à un passage douloureux par le défilé étroit des signifiants. Mouvement qui donne corps à une passe de l'affect au signifiant, de l'intime à l'œuvre qui en témoigne, de l'expérience du déracinement à l'aventure de la germination, de la mélancolisation enracinée dans la perte, à l'avènement de surgeons prometteurs de l’advenir. 

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« De l'exil au voix de l'écriture : la traduction au cœur du transfert » du TRIESTE  26 (soir) 27. 28. 29 (midi) à TRIESTE (Italie)

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Colloque CRIVA : « VOIX de l’ABANDON ».

Samedi 7 février 2026 de 13h à 20h exclusivement en Zoom
International, en plusieurs langues

 

abandon-2026-01-10

ARGUMENT :

L'abandon originaire vécu dans le réel ampute le sujet de ses racines et des éléments souches de son roman familial freudien, de son mythe individuel lacanien. Il se constitue ainsi un palimpseste improbable fait d'un limon de débris bibliographique, dont le sujet quête de façon insatiable la logique et le phrasé.

Car la distinction freudienne entre verlassen (l'objet délaissé) et aufgeben (abandonner la position libidinale) révèle ici son impasse structurale : comment le dématernisé pourrait-il aufgeben ce qui n'a jamais été verlassen, puisque l'objet originaire est d'emblée effacé ?

Déni de grossesse, déni d'enfantement, déni de filiation : voilà d'où il vient, cet exilé devant remettre sans cesse au travail sa passe, de l'adoption à l'adaptation permanente. Là où l'analysant névrosé demande à la cure de le guider hors des sentiers mortifères de ses origines à l'emprise desquelles il veut se soustraire, l'analysant ayant vécu l'abandon dans le réel en appelle à la cure pour restaurer cette origine effacée, redonner corps au refoulement des autres de son histoire. Mieux se saisir du texte de son histoire pour savoir de quoi lui, il désire se détacher.

La voix s'engage alors dans trois temps : médium de la plainte mélancolique, figure effacée doublement perdue dans le réel et le symbolique, énonciation possible du sujet en devenir où le sujet de l'énoncé pallie le parler originaire manquant de sa préhistoire. Donner voix au prélude et au premier chapitre de son histoire, afin de pouvoir faire entendre sa voix dans le chœur communautaire du monde, où la moindre dissonance serait pour lui signe d'une exclusion en devenir.

On prendra pour référence les notions freudiennes et lacaniennes qui amènent à penser la mélancolie comme quatrième structure, entre dette symbolique impayable et vacance ténue où se loge le das Ding.

 Télécharger le programme

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« Le musée de la voix ; de l’excitation à l’extinction de la voix »

 

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Le Séminaire CRIVA du Mardi 17 février à 20H30

« Le musée de la voix ; de l’excitation à l’extinction de la voix »

Aphanisis - Voix éteinte - voix des morts - voix du livre - musée de mort parlant. « Une bibliothèque est le musée des morts parlants »

La parole sifflée : un mode de communication millénaire redécouvert  il y a 100 ans et popularisé en l’an 2000.

C’est l’un des quatre modes de production de la parole articulée

 

Parmi plus de 70 lieux où l’on sifflait autrefois mais aussi encore aujourd’hui, on visitera le Béarn en Occitanie (1952), le village de Kuskoy en Turquie (1977), des siffleurs Mhongs (Yunnan Chine), l’ile de la Goméra aux Canaries (1999), en Amazonie (2016) et au Maroc dans le haut Atlas avec les siffleurs berbères (2019.

Au cours de la présentations de ces vidéos je parlerai des lois acoustiques qui permettent de comprendre le fonctionnement d’une langue sifflée.

siffleur

Siffleurs chasseurs en Amazonie

carte

Le monde siffle

 

Entendre et donc comprendre le fonctionnement d’une langue sifflée

Le message phonétique peut être transmis et perçu acoustiquement par quatre types de source d’énergie sonore, celles:

des cordes vocales (modale forte ou criée),

des cordes accordées(à un système musical) et des résonnances corporelles,

du larynx bloqué chuchotant

et de la bouche chuintantes (lèvres et dents).

Malgré les différences spectrales de ces sources ces ondes sonores subissent un processus commun, elles passent par les articulateurs et les cavité buccales de l’appareil phonatoire.

Pour les sources pulsionnelles (voix criée, chantée et parlée) elles peuvent subir des modulations de hauteur, d’intensité, de résonnances formantiques et de rythme.

Pour les sources de sifflement ou de bruit (chuchotement et chuintement) elles ne peuvent subir que des modulations d’intensité, de résonnances buccale et de rythme.

Pour le sifflement, les hauteurs et mélodies perçues sont les fréquences modulées par la cavité de résonnance buccale.

Pour le bruit de chuchotement, les hauteurs et mélodies perçues sont les hauteurs des bandes de bruit filtrées par la cavité de résonnance buccale.

En conclusion, on entendra et on verra que les sensations créées par des variations de fréquence ou par celles des bandes de bruit ont des valeurs cognitives communes en termes de perception de la parole.

Avec leurs signatures acoustiques, on  a appris à reconnaitre les objets, les phénomènes naturels, les animaux et les artéfacts animés comme les machines.

Dans ces quatre modes énergétiques de production de parole et grâce à l’analyse des hauteurs perçues on ressent la position et les mouvements des articulateurs.

Tout comme on les entend et les associe en les produisant dans ces quatre modes de communication.

  

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« Voix IA, L’impossible de la voix »

 

 

Le Séminaire CRIVA du Mardi 13 janvier 2026 se tiendra de 20H30 à 22H45

en Zoom autour de Magali ROUMY AKUE  & d'Olivier COURTEMANCHE       

 sur le thème :  « Voix IA, L’impossible de la voix »

 

TITRE & ARGUMENT Magali ROUMY AKUE : « Une voix sans adresse : l'IA a.phone comme miroir sans timbre »

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Autoportrait d'un être confronté à la voix du temps machine dont l'IA est la dernière ex-croissance et prothèse en nos esprits. 

L'IA convoque l'objet voix vidé de sa chair. 

Voix sans souffle, sans fatigue, sans tremblement, sans éclat, sans cris.

Qui parle sans glotte, répond sans entendre et sans adresse.

Semblant d'autre, simulacre de pensée et fruit du calcul qui nous emplit et nous rend parfois ventriloque de son flux. Langage inhabité mais dont les habitus croisent la concaténation des Autres-données. Phrases sans pulsions, mot sans risques_ pas tout à fait.

Aspiration des données de nos vies qui deviendront miroir-réponse pour les autres connectés. Point de pour l’IA.

L’objet n’est parcouru que par le désir capitaliste qui dévore le manque irréductible, crée un comblement qui creuse. 

Ce séminaire explorera ce miroir sans timbre : surface qui renvoie au sujet une image parlante de lui-même et d’un « modèle à penser », sans lui opposer la résistance d'une voix autre, affectée, désirante.
Sa captation n'est pas neutre, elle modèle nos rythmes, colonise nos attentions par des sollicitations qui peuvent être sans fin et qui rencontrent pourtant la finitude terrestre.

Magali ROUMY AKUE est maître de conférences en design à l’Université Paris-Est Créteil (UPEC), où elle enseigne au département Métiers du Multimédia et de l’Internet de l’IUT de Sénart-Fontainebleau. Elle est membre du laboratoire CÉDITEC.

Ses domaines de recherche concernent le renouvellement des ressources éducatives en design et les pratiques de veille. Ses travaux interrogent également la médiation par les représentations visuelles et la circulation des savoirs dans les environnements de formation et de soin. Elle contribue à la conception pédagogique de l'EUR LIVE de l'UPEC, trajectoires et vulnérabilité en santé. Cette initiative d'envergure internationale permet de conduire des recherches et des enseignements pluridisciplinaires. Dans ce cadre, elle a réalisé un court-métrage.

Dans son travail artistique, elle est en quête de l’expression d’épaisseurs de réel à travers une traduction écrite et graphique qui explore la perméabilité, les échos et les rebonds. Membre du CRIVA, membre du conseil scientifique et responsable du design éditorial et graphique. Elle réalise les maquettes et mises en page de la collection du CRIVA qui intègre des productions photo-graphiques.

 

ARGUMENT Olivier Courtemanche :

 

Olivier COURTEMANCHE Avant de se consacrer à la psychanalyse et à la peinture, Olivier Courtemanche a étudié les Arts Graphiques. Il est diplômé de l’ESAG (« École supérieure d’arts graphique, l’Atelier Met de Penninghen Paris »). Ses différentes expériences professionnelles l’ont conduit ensuite à travailler et vivre à Amsterdam. Il y rencontre une autre culture, la culture hollandaise de la typographie et du graphisme. De retour à Paris en 2001 il suit les cours de Fabienne Oudart dans l’atelier peinture de l’École des Beaux-arts de la ville de Paris. Il crée son propre atelier à Ivry-sur-Seine.

Il se forme à la psychanalyse en suivant les travaux d’Insistance dès sa création en 2002, présidé alors par Alain Didier-Weill puis Jacques Barbier, et ceux de l’EPCI. (École propédeutique à la connaissance de l’inconscient). À Espace Analytique il suit le séminaire de Paul-Laurent Assoun. Il est également vice-président de Corpo Freudiano Paris depuis 2016.

Il est Membre du CRIVA depuis sa création, représentant artistique et membre du conseil d’administration. Chaque colloque du CRIVA est pour lui l’occasion de créer des séries d’encres et/ou de tableaux, en résonance avec ses différentes interventions. Il reçoit en tant que psychanalyste à Paris depuis 2021.

 

 

 

 

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Claude-Maillard

Claire Gillie en son nom et au nom du CRIVA a la profonde tristesse
d'être le porte-voix d'une nouvelle qui se préparait doucement mais
avec insistance depuis l'an passé : celle de notre amie et consoeur
Claude Maillard, rencontrée à Insistance auprès d'Alain Didier-Weill,
Scribe poâte de la Voix, présente fidèlement à nos côtés depuis
quelques 20 ans.
Présente depuis les premières Journées mondiales de la voix, jusqu'aux
dernières, présente au Criva où Claire lisait les textes qu'elle nous
confiait. Infiniment présente encore dans sa façon de filer à
l'anglaise le dimanche 16 novembre 2025, demandant que nous ne soyons
prévenu(e)s que le 21, après l'enterrement.
Nous lui rendrons hommage avec ses ami(e)s proches venu d'autres horizons
et venu(e)s d'autres associations, et les membres du Criva qui la connaissaient le mardi
16 décembre 2025 ( à la place du séminaire Criva initialement prévu) autour d'un événement
qui s'appellera "Le dernier Voyage du Scribe à Séville"...

Nous avons ouvert une cagnotte destinée à financer l'édition du Livre
“La voix du Scribe”, promesse faite par Claire Gillie à Claude
Maillard avant qu'elle ne nous quitte pour, selon ses propres mots,
"rejoindre Séville". Ce livre posthume au coeur.choeur de la voix et
du travail de Claude Maillard s'appuiera sur 20 ans d'articles sur la
voix.
Voici le lien vers la cagnotte  :

Merci de votre soutien à ce travail et à la célébration de ce legs…

En toute amitié
Claire Gillie, présidente du CRIVA 

 

 

Carte_de_Voeux_CRIVA_2026_MARCG

 

 

« L’accent ; de l’ad cantus à l’anima vocis »

 14-10-2025

 

Le Séminaire CRIVA du Mardi 14 octobre 2025 se tiendra de 20H30 à 22H45

en Zoom autour de Claire GILLIE & Gilles ANQUEZ

 sur le thème : « L’accent ; de l’ad cantus à l’anima vocis »

 

TITRE & ARGUMENT Claire GILLIE : « L’accent, animus vocis »

Il y a un "cantus obscurior" de l'accent déjà repéré dans De Oratore de Cicéron, mélodie embryonnaire dont joue l'orateur. L'accent donne relief, la prosodie prend corps et écriture à l'aube de la musique, pour ensuite venir se greffer sur l'interprétation au sens musical du terme. Âme du mot - anima vocis pour un certain Capella du Vème siècle - il est un germe de la musique (seminarium musices), et se greffe à elle ad cantus (accent).

Signe graphique au service de la distinction, modulation de l'intensité ou intonation au service de l'expression, inflexions particulières qui intéressent la phonétique, triste ou devin chez les poètes, l'accent s'insinue d'un champ conceptuel à l'autre, venant signer ou raturer les signifiants, séduire ou agresser l'écoute. Lorsqu'il se fait verbe, "accentuer" vient hystériser la langue et le langage.

Du label identitaire, à la voix qui se fait "la belle", l'accent est revendiqué ou refusé par le sujet du social comme par le sujet de l'inconscient. Porté par le corps, modulé par la langue, l'accent est le style qui permet à chacun de prononcer sa vie.

L’accent trouve asile dans les inflexions de la voix, les attaques consonantiques, les fins de rhèse qui se mettent à chanter ou rendre le signifiant rugueux. Si certes il peut se définir pour les linguistes et les sociologues comme une "manifestation individuelle d'une communauté linguistique", il en appelle au réel ou à l'imaginaire de ce qui fait lien à l'autre. Car l'accent est "l'autre dans la langue", la "marque de l'étranger dans la langue", mais aussi "l'autre de ma langue". Trait unaire - einziger Zug - il inscrit le sujet dans une filiation et une identification.

La clinique est saisie d'un malaise lorsque l’être parlant tente - comme l'a dit Bourdieu - de gommer son accent qui lui colle à la peau, le perdre, le faire disparaître. Vouloir se déprendre de cet "accent à couper au couteau", est-ce brouiller cette empreinte, afin de ne pas laisser de trace ? Se protéger et protéger l'autre d'un certain "verbal overkill" ? Une façon de se "démarquer" de l'autre, sorte de nettoyage par le vide de sa voix, avant de se risquer à en établir l'identité ? La "dévoyer" volontairement, plutôt que de subir une discrimination vocale qui lui serait liée ?

Comment entendre la demande de celui qui cherche à troquer son accent pour un autre, au nom de sa quête identitaire, jouant ainsi sa voix à quitte ou double ? Quels en sont les revers, les enjeux inconscients ? Cet animus vocis n'est-il pas contour sonore de la pulsion invocante qui s'essouffle ou jouit, entre corps et langage, depuis les premiers balbutiements de la langue?

 

 

TITRE & ARGUMENT Gilles ANQUEZ : « Géovocalisation »

Parle le chant de la terre, chante la voix du taire.

La voix et son circuit pulsionnel « dé-taire », par les inflexions acoustiques et prosodiques, quelque chose de la position du sujet pris dans l’invocation à l’Autre et dont il entend l’écho d’une réponse nichée dans l’accent.

Elle offre quelques coordonnées de la jouissance du sujet et le "géovocalise immédiatement à l’oreille de l’autre.

L’accent montre, il se « met sur » et mesure ce qui du sujet se rapporte à un territoire géographique et social, qui n’est pas sans se tisser d’identifications.

Il montre la couleur d’un temps géographique, celle d’un lieu où la prosodie se fait l’écho de l’Autre et dont les sujets chantent les articulations comme autant de positivations du manque autour desquelles ils font groupe.

Le temps d’un lieu social dont l’origine est avalée par la musique des voix qui la célèbrent.

Le temps d’un Autre dont la voix porte les traits sonores comme des empreintes sur le corps « géovocalisé » du sujet, social par naissance.

Le sujet invoque-t-il ici le bercement originaire du chant de l’Autre par les voies de l’accent ? 

L’accent serait-il un nid sonore, un lieu d’accroche prosodique qui suspendrait le sujet à l’Autre pour une traversée élastique de l’espace ?

Sur quoi l’accent met-il donc l’accent ?

Randonnons donc dans cet espace vocal aux couleurs du monde, aussi bruyant que silencieux. 

Écoutons alors le murmure du son. 

 

 

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