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Colloque CRIVA : « VOIX de l’ABANDON ».

Samedi 7 février 2026 de 13h à 20h exclusivement en Zoom
International, en plusieurs langues

 

abandon-2026-01-10

ARGUMENT :

L'abandon originaire vécu dans le réel ampute le sujet de ses racines et des éléments souches de son roman familial freudien, de son mythe individuel lacanien. Il se constitue ainsi un palimpseste improbable fait d'un limon de débris bibliographique, dont le sujet quête de façon insatiable la logique et le phrasé.

Car la distinction freudienne entre verlassen (l'objet délaissé) et aufgeben (abandonner la position libidinale) révèle ici son impasse structurale : comment le dématernisé pourrait-il aufgeben ce qui n'a jamais été verlassen, puisque l'objet originaire est d'emblée effacé ?

Déni de grossesse, déni d'enfantement, déni de filiation : voilà d'où il vient, cet exilé devant remettre sans cesse au travail sa passe, de l'adoption à l'adaptation permanente. Là où l'analysant névrosé demande à la cure de le guider hors des sentiers mortifères de ses origines à l'emprise desquelles il veut se soustraire, l'analysant ayant vécu l'abandon dans le réel en appelle à la cure pour restaurer cette origine effacée, redonner corps au refoulement des autres de son histoire. Mieux se saisir du texte de son histoire pour savoir de quoi lui, il désire se détacher.

La voix s'engage alors dans trois temps : médium de la plainte mélancolique, figure effacée doublement perdue dans le réel et le symbolique, énonciation possible du sujet en devenir où le sujet de l'énoncé pallie le parler originaire manquant de sa préhistoire. Donner voix au prélude et au premier chapitre de son histoire, afin de pouvoir faire entendre sa voix dans le chœur communautaire du monde, où la moindre dissonance serait pour lui signe d'une exclusion en devenir.

On prendra pour référence les notions freudiennes et lacaniennes qui amènent à penser la mélancolie comme quatrième structure, entre dette symbolique impayable et vacance ténue où se loge le das Ding.

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« Voix de l'Abandon » du 7 février 2026 

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« Le musée de la voix ; de l’excitation à l’extinction de la voix »

 

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Le Séminaire CRIVA du Mardi 17 février à 20H30

« Le musée de la voix ; de l’excitation à l’extinction de la voix »

Aphanisis - Voix éteinte - voix des morts - voix du livre - musée de mort parlant. « Une bibliothèque est le musée des morts parlants »

La parole sifflée : un mode de communication millénaire redécouvert  il y a 100 ans et popularisé en l’an 2000.

C’est l’un des quatre modes de production de la parole articulée

 

Parmi plus de 70 lieux où l’on sifflait autrefois mais aussi encore aujourd’hui, on visitera le Béarn en Occitanie (1952), le village de Kuskoy en Turquie (1977), des siffleurs Mhongs (Yunnan Chine), l’ile de la Goméra aux Canaries (1999), en Amazonie (2016) et au Maroc dans le haut Atlas avec les siffleurs berbères (2019.

Au cours de la présentations de ces vidéos je parlerai des lois acoustiques qui permettent de comprendre le fonctionnement d’une langue sifflée.

siffleur

Siffleurs chasseurs en Amazonie

carte

Le monde siffle

 

Entendre et donc comprendre le fonctionnement d’une langue sifflée

Le message phonétique peut être transmis et perçu acoustiquement par quatre types de source d’énergie sonore, celles:

des cordes vocales (modale forte ou criée),

des cordes accordées(à un système musical) et des résonnances corporelles,

du larynx bloqué chuchotant

et de la bouche chuintantes (lèvres et dents).

Malgré les différences spectrales de ces sources ces ondes sonores subissent un processus commun, elles passent par les articulateurs et les cavité buccales de l’appareil phonatoire.

Pour les sources pulsionnelles (voix criée, chantée et parlée) elles peuvent subir des modulations de hauteur, d’intensité, de résonnances formantiques et de rythme.

Pour les sources de sifflement ou de bruit (chuchotement et chuintement) elles ne peuvent subir que des modulations d’intensité, de résonnances buccale et de rythme.

Pour le sifflement, les hauteurs et mélodies perçues sont les fréquences modulées par la cavité de résonnance buccale.

Pour le bruit de chuchotement, les hauteurs et mélodies perçues sont les hauteurs des bandes de bruit filtrées par la cavité de résonnance buccale.

En conclusion, on entendra et on verra que les sensations créées par des variations de fréquence ou par celles des bandes de bruit ont des valeurs cognitives communes en termes de perception de la parole.

Avec leurs signatures acoustiques, on  a appris à reconnaitre les objets, les phénomènes naturels, les animaux et les artéfacts animés comme les machines.

Dans ces quatre modes énergétiques de production de parole et grâce à l’analyse des hauteurs perçues on ressent la position et les mouvements des articulateurs.

Tout comme on les entend et les associe en les produisant dans ces quatre modes de communication.

  

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« Le musée de la voix ; de l’excitation à l’extinction de la voix » du 17 février 2026

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« Voix IA, L’impossible de la voix »

 

 

Le Séminaire CRIVA du Mardi 13 janvier 2026 se tiendra de 20H30 à 22H45

en Zoom autour de Magali ROUMY AKUE  & d'Olivier COURTEMANCHE       

 sur le thème :  « Voix IA, L’impossible de la voix »

 

TITRE & ARGUMENT Magali ROUMY AKUE : « Une voix sans adresse : l'IA a.phone comme miroir sans timbre »

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Autoportrait d'un être confronté à la voix du temps machine dont l'IA est la dernière ex-croissance et prothèse en nos esprits. 

L'IA convoque l'objet voix vidé de sa chair. 

Voix sans souffle, sans fatigue, sans tremblement, sans éclat, sans cris.

Qui parle sans glotte, répond sans entendre et sans adresse.

Semblant d'autre, simulacre de pensée et fruit du calcul qui nous emplit et nous rend parfois ventriloque de son flux. Langage inhabité mais dont les habitus croisent la concaténation des Autres-données. Phrases sans pulsions, mot sans risques_ pas tout à fait.

Aspiration des données de nos vies qui deviendront miroir-réponse pour les autres connectés. Point de pour l’IA.

L’objet n’est parcouru que par le désir capitaliste qui dévore le manque irréductible, crée un comblement qui creuse. 

Ce séminaire explorera ce miroir sans timbre : surface qui renvoie au sujet une image parlante de lui-même et d’un « modèle à penser », sans lui opposer la résistance d'une voix autre, affectée, désirante.
Sa captation n'est pas neutre, elle modèle nos rythmes, colonise nos attentions par des sollicitations qui peuvent être sans fin et qui rencontrent pourtant la finitude terrestre.

Magali ROUMY AKUE est maître de conférences en design à l’Université Paris-Est Créteil (UPEC), où elle enseigne au département Métiers du Multimédia et de l’Internet de l’IUT de Sénart-Fontainebleau. Elle est membre du laboratoire CÉDITEC.

Ses domaines de recherche concernent le renouvellement des ressources éducatives en design et les pratiques de veille. Ses travaux interrogent également la médiation par les représentations visuelles et la circulation des savoirs dans les environnements de formation et de soin. Elle contribue à la conception pédagogique de l'EUR LIVE de l'UPEC, trajectoires et vulnérabilité en santé. Cette initiative d'envergure internationale permet de conduire des recherches et des enseignements pluridisciplinaires. Dans ce cadre, elle a réalisé un court-métrage.

Dans son travail artistique, elle est en quête de l’expression d’épaisseurs de réel à travers une traduction écrite et graphique qui explore la perméabilité, les échos et les rebonds. Membre du CRIVA, membre du conseil scientifique et responsable du design éditorial et graphique. Elle réalise les maquettes et mises en page de la collection du CRIVA qui intègre des productions photo-graphiques.

 

ARGUMENT Olivier Courtemanche :

 

Olivier COURTEMANCHE Avant de se consacrer à la psychanalyse et à la peinture, Olivier Courtemanche a étudié les Arts Graphiques. Il est diplômé de l’ESAG (« École supérieure d’arts graphique, l’Atelier Met de Penninghen Paris »). Ses différentes expériences professionnelles l’ont conduit ensuite à travailler et vivre à Amsterdam. Il y rencontre une autre culture, la culture hollandaise de la typographie et du graphisme. De retour à Paris en 2001 il suit les cours de Fabienne Oudart dans l’atelier peinture de l’École des Beaux-arts de la ville de Paris. Il crée son propre atelier à Ivry-sur-Seine.

Il se forme à la psychanalyse en suivant les travaux d’Insistance dès sa création en 2002, présidé alors par Alain Didier-Weill puis Jacques Barbier, et ceux de l’EPCI. (École propédeutique à la connaissance de l’inconscient). À Espace Analytique il suit le séminaire de Paul-Laurent Assoun. Il est également vice-président de Corpo Freudiano Paris depuis 2016.

Il est Membre du CRIVA depuis sa création, représentant artistique et membre du conseil d’administration. Chaque colloque du CRIVA est pour lui l’occasion de créer des séries d’encres et/ou de tableaux, en résonance avec ses différentes interventions. Il reçoit en tant que psychanalyste à Paris depuis 2021.

 

 

 

 

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Carte_de_Voeux_CRIVA_2026_MARCG

 

 

Claude-Maillard

Claire Gillie en son nom et au nom du CRIVA a la profonde tristesse
d'être le porte-voix d'une nouvelle qui se préparait doucement mais
avec insistance depuis l'an passé : celle de notre amie et consoeur
Claude Maillard, rencontrée à Insistance auprès d'Alain Didier-Weill,
Scribe poâte de la Voix, présente fidèlement à nos côtés depuis
quelques 20 ans.
Présente depuis les premières Journées mondiales de la voix, jusqu'aux
dernières, présente au Criva où Claire lisait les textes qu'elle nous
confiait. Infiniment présente encore dans sa façon de filer à
l'anglaise le dimanche 16 novembre 2025, demandant que nous ne soyons
prévenu(e)s que le 21, après l'enterrement.
Nous lui rendrons hommage avec ses ami(e)s proches venu d'autres horizons
et venu(e)s d'autres associations, et les membres du Criva qui la connaissaient le mardi
16 décembre 2025 ( à la place du séminaire Criva initialement prévu) autour d'un événement
qui s'appellera "Le dernier Voyage du Scribe à Séville"...

Nous avons ouvert une cagnotte destinée à financer l'édition du Livre
“La voix du Scribe”, promesse faite par Claire Gillie à Claude
Maillard avant qu'elle ne nous quitte pour, selon ses propres mots,
"rejoindre Séville". Ce livre posthume au coeur.choeur de la voix et
du travail de Claude Maillard s'appuiera sur 20 ans d'articles sur la
voix.
Voici le lien vers la cagnotte  :

Merci de votre soutien à ce travail et à la célébration de ce legs…

En toute amitié
Claire Gillie, présidente du CRIVA 

 

 

 

« TOPOPHONIE ; des lieux d’ancrage et d’exil de la voix »

 TOPOPHONIE

 

Le Séminaire CRIVA du Mardi 16 Septembre 2025 se tiendra de 20H30 à 22H45

en Zoom autour de Claire GILLIE & Olivier COURTEMANCHE

 sur le thème : « TOPOPHONIE ; des lieux d’ancrage et d’exil de la voix »

Inscription en bas  

 

TITRE & ARGUMENT Claire GILLIE : TOPOPHONIE ; Des lieux d'ancrage et d'exil de la voix


La voix comme incarnation de la lettre, porte le lexique à l’entendement, traversant les contrées conceptuelles d’une logophonie en quête d'une terre d'accueil, mais également d'une terre d'Ailleurs.
Elle est corporellement, anthropologiquement et structurellement prise entre ancrage et exil, entre racines et déracinements, et en appelle à la psychanalyse et à l’autre de l’écoute, afin d’échapper à son destin d'objet flottant et errant non identifié.
Elle hésite entre confinement et désincarcération, oscille – voire vacille - entre incorporation et dilution vers les échappées belles de la sublimation. Ce qui nous autorise à poser l’hypothèse, au-delà de la logophonie, d’une existence d’une « topophonie » comme lieu(x) d’ancrage et d’exil de la voix.
Si certes l’IRCAM nous a précédés dans l’institution de ce terme, définissant les tophonies comme des « espaces virtuels navigables composés d’un ensemble d’objets sonores et/ou audiographiques », nous en explorerons le revers inconscient.
Car l'ancrage dans le réel de l’expérience clinique interroge les manifestations de cette topophonie, que ce soit par exemple à travers les résurgences de la langue originaire chez les patients n’arrivant pas à « perdre leur accent » et créant ainsi une diglossie locale, ou les géolocalisations dialectales qui confèrent des variations prosodiques devenues empreintes vocales estampillant le « passeport social » (Bourdieu).
Mais quel est cet exil psychique qui rend le sujet de l’inconscient étranger si ce n’est sourd à sa propre voix, jouant à quitte ou double avec la perte, l’agrippement aux lieux matriciels de l’origine, et/ou la tentation chronique de se laisser aspirer par la pulsion invoquante pour se laisser inspirer, hameçonner par le désir de l’Autre ?

 

TITRE & ARGUMENT Olivier COURTEMANCHE : La voix cadastrée. Le terrier, le terrien ...., entre jouissance et désir la ‘’preuve du diable’’ »


En passant d’un espace infini à un lieu métrique et borné, la topophonie inscrit au registre du cadastre le plan des relevés d’un fond sonore. L’enregistrement topophonique de la voix cadastrée peut entrer dans la matrice de l’État. Rendue publique, la transmission des données servira non de preuve mais de prémices pour un acte et un titre de propriété.
Que peut alors espérer la voix d’une cadastration, de l’identification dont elle est le sujet et de ses rapports entretenus avec le voisinage ? Que peut-elle faire de la somme d’une jouissance que l’État lui garantit et de ce fameux don qui est fait aux terriens. Et comment extraire des propriétés du sol, l’objet de son désir pour qu’un idéal, un bien sacré, puisse dans ce lieu être construit.
Le registre indique qu’une voix cadastrée est imposée. Le Trésor public signifiant les services rendus la met à contribution. Cependant une cadastration ne donne aucun droit pour obtenir un titre de possession. Mais le nom d’un cédant, indice réfutable, peut être consigné. La chaîne de propriétés peut remonter jusqu’à la parcelle mère, mais retrouver la particule de l’origine cadastrale peut être de l’ordre de l’impossible, le Temps ayant déclaré l’objet perdu !
Entre dans le terrier la preuve par la négative, la preuve ‘’diabolique’’, la preuve de la « probatio diabolica ». Interprète, elle voit plus loin que la Loi, elle voit l’Esprit de la Loi. Le Symbolique servirait-il de preuve, cela reste à prouver... garantirait-il à la voix cet impossible preuve invoquée aux instances du Réel ? Cette autre preuve autoriserait-elle l’État à acter en faveur d’un transfert de jouissance ? En se passant de la chose, d’une pièce manquante, le cadastrateur reconduit la jouissance possible d’un lieu vers un a/Autre.
Passant outre la preuve d’une origine, allant au-delà de l’acte original, la voix cadastrée renonce à un impossible retour et aux forces attractives de l’impossible origine. Elle devra se faire entendre pour construire ou reconstruire. Sa demande servira de nomination à un titre de propriété qui alors lui sera accordé en nom propre.
La voix cadastrée, privée de la jouissance de l’origine entend qu’une fois enregistrée, l’acte lui-même peut la mener au-delà de certaines limites. Elle peut s’imaginer se libérer verticalement, s’élever et s’exiler vers un Ailleurs non borné. Elle trouve alors un espace ouvert, d’autres horizons, un appel vers une autre jouissance marquée par le sceau du désir, la traversée du fantasme se fera-t-elle dans ce nouveau lieu cadastrée qui ouvre sur l’infini et sur l’envers de la voix cadastré. Le retournement sera-t-il encore possible ?

 

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« L’accent ; de l’ad cantus à l’anima vocis »

 14-10-2025

 

Le Séminaire CRIVA du Mardi 14 octobre 2025 se tiendra de 20H30 à 22H45

en Zoom autour de Claire GILLIE & Gilles ANQUEZ

 sur le thème : « L’accent ; de l’ad cantus à l’anima vocis »

 

TITRE & ARGUMENT Claire GILLIE : « L’accent, animus vocis »

Il y a un "cantus obscurior" de l'accent déjà repéré dans De Oratore de Cicéron, mélodie embryonnaire dont joue l'orateur. L'accent donne relief, la prosodie prend corps et écriture à l'aube de la musique, pour ensuite venir se greffer sur l'interprétation au sens musical du terme. Âme du mot - anima vocis pour un certain Capella du Vème siècle - il est un germe de la musique (seminarium musices), et se greffe à elle ad cantus (accent).

Signe graphique au service de la distinction, modulation de l'intensité ou intonation au service de l'expression, inflexions particulières qui intéressent la phonétique, triste ou devin chez les poètes, l'accent s'insinue d'un champ conceptuel à l'autre, venant signer ou raturer les signifiants, séduire ou agresser l'écoute. Lorsqu'il se fait verbe, "accentuer" vient hystériser la langue et le langage.

Du label identitaire, à la voix qui se fait "la belle", l'accent est revendiqué ou refusé par le sujet du social comme par le sujet de l'inconscient. Porté par le corps, modulé par la langue, l'accent est le style qui permet à chacun de prononcer sa vie.

L’accent trouve asile dans les inflexions de la voix, les attaques consonantiques, les fins de rhèse qui se mettent à chanter ou rendre le signifiant rugueux. Si certes il peut se définir pour les linguistes et les sociologues comme une "manifestation individuelle d'une communauté linguistique", il en appelle au réel ou à l'imaginaire de ce qui fait lien à l'autre. Car l'accent est "l'autre dans la langue", la "marque de l'étranger dans la langue", mais aussi "l'autre de ma langue". Trait unaire - einziger Zug - il inscrit le sujet dans une filiation et une identification.

La clinique est saisie d'un malaise lorsque l’être parlant tente - comme l'a dit Bourdieu - de gommer son accent qui lui colle à la peau, le perdre, le faire disparaître. Vouloir se déprendre de cet "accent à couper au couteau", est-ce brouiller cette empreinte, afin de ne pas laisser de trace ? Se protéger et protéger l'autre d'un certain "verbal overkill" ? Une façon de se "démarquer" de l'autre, sorte de nettoyage par le vide de sa voix, avant de se risquer à en établir l'identité ? La "dévoyer" volontairement, plutôt que de subir une discrimination vocale qui lui serait liée ?

Comment entendre la demande de celui qui cherche à troquer son accent pour un autre, au nom de sa quête identitaire, jouant ainsi sa voix à quitte ou double ? Quels en sont les revers, les enjeux inconscients ? Cet animus vocis n'est-il pas contour sonore de la pulsion invocante qui s'essouffle ou jouit, entre corps et langage, depuis les premiers balbutiements de la langue?

 

 

TITRE & ARGUMENT Gilles ANQUEZ : « Géovocalisation »

Parle le chant de la terre, chante la voix du taire.

La voix et son circuit pulsionnel « dé-taire », par les inflexions acoustiques et prosodiques, quelque chose de la position du sujet pris dans l’invocation à l’Autre et dont il entend l’écho d’une réponse nichée dans l’accent.

Elle offre quelques coordonnées de la jouissance du sujet et le "géovocalise immédiatement à l’oreille de l’autre.

L’accent montre, il se « met sur » et mesure ce qui du sujet se rapporte à un territoire géographique et social, qui n’est pas sans se tisser d’identifications.

Il montre la couleur d’un temps géographique, celle d’un lieu où la prosodie se fait l’écho de l’Autre et dont les sujets chantent les articulations comme autant de positivations du manque autour desquelles ils font groupe.

Le temps d’un lieu social dont l’origine est avalée par la musique des voix qui la célèbrent.

Le temps d’un Autre dont la voix porte les traits sonores comme des empreintes sur le corps « géovocalisé » du sujet, social par naissance.

Le sujet invoque-t-il ici le bercement originaire du chant de l’Autre par les voies de l’accent ? 

L’accent serait-il un nid sonore, un lieu d’accroche prosodique qui suspendrait le sujet à l’Autre pour une traversée élastique de l’espace ?

Sur quoi l’accent met-il donc l’accent ?

Randonnons donc dans cet espace vocal aux couleurs du monde, aussi bruyant que silencieux. 

Écoutons alors le murmure du son. 

 

 

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Voix à temps et contretemps

 

Prix du livre : 35€ . Il sera retirable à partir du 20 juin 2025, soit chez Claire Gillie (en lui écrivant à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ), soit en donnant votre adresse pour envoi postal  (en rajoutant les frais de port : 8 euros)

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