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« Voix démasquée : une politique caricaturale de la transgression ? »

 

Uriel LIMA SÁNCHEZ & Véronique TRUFFOT

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© Véronique Truffot ; « Masque » ou « Recouvrement de multiples couches aux signifiants tout autant multiples » Tous droits réservés

Le séminaire CRIVA du Mardi 4 Mars 2025 se tiendra à 20H30 (08 : 30 PM Paris)

en zoom autour de Uriel Lima Sánchez é Véronique Truffotsur le thème : « Voix démasquée ; une politique caricaturale de la transgression ? »

 

Uriel LIMA SÁNCHEZ :

DÉMASQUER LE HUEHUE, ÉCHOS AUTORISÉS DE LA TRANSGRESSION, LE HURLE D'UNE VOIX QUI SE ETOUFFER

ARGUMENT :

Le Mexique est un pays connu dans le monde entier pour ses destinations touristiques, ses coutumes et traditions, sa gastronomie particulière, sa musique, son architecture et surtout ses couleurs, des couleurs vives, vibrantes, rayonnantes, pleines de joie et de fête.

Pays festif, fêtes et tapis de couleurs à différentes périodes de l'année, le célèbre día de muertos « Jour des morts », les « piñatas », la « Guelaguetza », et une infinité de festivals sont célébrés dans le pays. Chacune d'entre elles a une signification particulière dans la culture mexicaine.

Parmi ces festivités, il existe une tradition, une festivité appelée la danza de los huehues, « danse des huehues », cette danse-tradition a lieu avant le début du Carême, dans la période entre le Jeudi gras et le Mardi gras, avant la Semaine sainte.

« Huehue » est un terme nahuatl qui signifie vieil homme (ou mon grand-père) et qui fait référence à la sagesse et à l'expérience des années. Bien qu'il existe différentes versions de son origine et de sa signification, comme la même langue, cette représentation a pris un sens particulier : danse, couleurs, musique, hurlements, excès, festivités, un moment avant la « purification », dépasser et transgresser avant le moment solennel de la semaine sainte, des masques, de la danse et de la voix, beaucoup de voix de quelque chose qui silencieusement ne cesse de se nommer, il parle.

 

Uriel Lima Sánchez est st psychanalyste depuis 2011. Il vit au Mexique, est Membre fondateur du groupe appeler (2017), membre de l'eslep - École des Lettres Psychanalytiques - (2021). Conférencier universitaire dans les domaines clinique et social, il a participé à plusieurs publications nationales et internationales : Tissages, textures et tessitures, art et psychanalyse ; Écrits psychanalytiques, rétentifs - cliniques et écrits -, avec le Collectif Ananké, Psychanalyse ; mythes et tragédies, Artistes et psychanalyse, La clinique de l'amour, Féminisme et psychanalyse, Enfants au divan, Cinéma et psychanalyse avec le Collectif Lapsus Toledo. Il est conférencier, intervenant, séminariste et animateur d'ateliers lors de divers événements nationaux et internationaux. Il est membre du CRIVA et représentant du CRIVA pour le Mexique.

 

Véronique TRUFFOT :

« Le masque et sa voix renversée : pour que se dise l’in-entendable »

 ARGUMENT :

En partant des figures masquées du carnaval, de ce qu’elles permettent – le temps d’une journée ou d’une nuit – de renversement de l’ordre établi et qui ne représente en définitive qu’un moyen de maintenir ce dernier, je proposerai d’orienter ma communication depuis un remplacement : passer d’un point de vue à un point d’écoute. Il s’agira en effet d’essayer de percevoir si à ces visages masqués/démasqués sont associées des voix. Si tel est le cas, qu’auraient-elles à dire et laisser entendre de leur relation au masque mais aussi à la transgression ? Pourrait-on alors situer le voyage au cœur de l’inconscient, rendu possible par la cure analytique, dans le prolongement de l’univers carnavalesque ? Une plongée de l’autre côté du réel, jusqu’à faire 00tomber les masques pour qu’émerge une voix authentique dont la portée serait, de fait, transgressive...

Après avoir exploré la voix en tant que chanteuse et vocaliste, Véronique Truffot continue désormais sa recherche dans l'anthropologie de la musique, études qu'elle mène en adoptant une posture à la croisée de son expérience artistique et psychanalytique. Titulaire d’un DEUG de musicologie, d’un DUMI à l’université d’Aix-Marseille, du D.U. « Voix et Symptômes, psychopathologie et clinique de la voix » à Paris 7 et d’un Master en « Ethnomusicologie, anthropologie de la danse » à Paris Nanterre. Elle est actuellement en troisième année de Doctorat à l’EPHE, Paris pour lequel elle a obtenu la Bourse de recherche Martine Aublet du Quai Branly. Sa recherche porte sur les vocalités et le lien qu’elles établissent avec l’invisible dans un culte gabonais dirigé par les femmes, l’ombwiri, tel qu’il se pratique dans la capitale Libreville. Parallèlement, et après avoir suivi un cursus de piano au Conservatoire d’Aix-en-Provence (Fin d’études), elle transmet depuis 2017, le chant et le piano à des personnes atteintes d’autisme, avec la pédagogie Dolce à laquelle elle a été formée. Elle est membre du CRIVA, et trésorière adjointe du CRIVA.

Elle est passée d'une écoute à l'autre depuis son installation récente comme psychanalyste dans le 10ème arrondissement.

 

 

« Voix grinçante ; le d’rôle de rire »

Adriana Varona et Gilles Anquez ; « Jaune Rire »
(Gilles Anquez / Réalisée à l'aide de l'Intelligence Artificielle)

Le séminaire CRIVA du Mardi 4 Février 2025 se tiendra à 20H30 (08 :30 PM Paris),
en zoom autour de Adriana Varona et de Gilles Anquez sur le thème : « Voix grinçante ; le d’rôle de rire »

Adriana Varona : Le rire : de quoi ris-t-on ?

Qui n’a pas vécu des moments de fou rire ? quand nous pensons au rire, qu’est-ce vraiment ce qui nous fait rire ? quand nous voyons des amis proches rigoler et rire aux éclats, une question nous interroge toute suite, vous rigolez de quoi ? comment si nous voulons aussi partager ce moment de joie, une sorte d’invitation a faire le lien avec l’autre et l’évènement cause du fou rire. Le rire apparait avec la plaisanterie, la moquerie, le double sens. Dans ce rire ; la voix se coupe, les mots ont du mal à s’articuler, le corps bouge au rythme des éclats, les yeux parfois brillants et en larmes, donne preuve de ce moment pulsionnel. Mais quelle est sa relation avec l’inconscient ? le rire d’un sujet, peut nous dire quelque chose de sa structure, le cas d’Elizabeth chez Freud est un exemple, du rire dans la clinique psychanalytique. Le rire est aussi porteur d’un symptôme, nous pouvons rire aussi de nous-mêmes avec humeur, car le sujet se débarrasse aussi de sa propre angoisse. Nous allons aborder tous ces éléments du rire.

Adriana Varona est psychologue clinicienne, psychanalyste. Elle assure des consultations en libérale et à distance auprès de patients « Transgenrés ». Elle est doctorante en Recherche en Psychanalyse (Paris7), après avoir effectué un Master Recherche en Psychopathologie Fondamentale et Psychanalyse (Paris 7) et un Master en Psychologie Clinique Interculturelle (Paris 5). Elle est membre et représentante en Amérique du sud du CIAP (Cercle International d’Anthropologie Psychanalytique). Représentante de LaTE à Paris et en Colombie. Elle est également membre, trésorière et représentante du CRIVA en Colombie. Ses travaux de recherche l’amènent à interroger entre autres les nouvelles pratiques liées aux nouvelles technologies, dans leurs incidences sur le sujet de l’inconscient.

Gilles ANQUEZ  La pulsion de mort de rire

Prise d’un fou rire, gorge déployée et pliée en quatre, la voix éclate en sortant du corps comme un joyau aux multiples facettes, aussi nombreuses que les causes du rire. Des fibres du Réel se dégagent de cette voix s’esclaffant, dans la singularité des corps qui tremblent sous ses jaillissements incontrôlables. La voix s’échappe alors un temps de la dimension signifiante et se retranche dans des voyelles saccadées, des cris, des moments de décharges procurant plaisir et lien à l’autre.  De la joie partagée à la satisfaction symbolique de pulsions sadiques et voyeuristes procurée par les mots obscènes et hostiles, le rire soutenu par le mot d’esprit ou par les situations comiques - risibles se conjugue donc au physiologique, au social et au pulsionnel.  Commémoration des jouissances vocales infantiles. Cette voix qui se dresse par soubresaut en riant devant un surmoi qui s’évanouit subitement, semble aussi parfois être la messagère organisatrice d’un « surmoi social », lorsqu’elle vient menacer le sujet d’être la risée du groupe.  De qui rit-on… Mais à qui rit-on ?  Quelle sorte d’invocation porte la voix chue qui rit ?  

S’agit-il d’entendre quelque Chose dans l’objet cause du « des rires » ?

Gilles Anquez est musicien, chanteur, musicothérapeute et psychothérapeute à Lille. Formé au Centre International de Musicothérapie (CIM), il est également titulaire d'un Master 2 en études psychanalytiques (Université Paul Valery - Montpellier III) et d'un diplôme de fn d'études en

Psychopathologie à l'École Pratique des Hautes Études en Psychopathologie. La psychanalyse est une des approches qui l'accompagnent, nourrissant ses réflexions, ses recherches théoriques et cliniques. S'intéressant à la place de la musique dans le champ social, culturel et thérapeutique, il travaille auprès de différents publics en institution psychiatrique, gériatrique, hospitalière et pénitentiaire, de la périnatalité́ à l'accompagnement des personnes en fin de vie. Il est membre du CRIVA et de son Conseil d'Administration. 

 

 

« LA VOIX ET SES MYTHES ; UNE TRAVERSÉE DU RECIT VOCAL »

Vendredi 21 Mars 2025 : de 10h à 18h à la Mairie du 9ème arrondissement à Paris. et en "zoom"

 

Argument :

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Pourquoi cette voix, dont on a traqué les multiples aspects à la lumière de la psychanalyse, est-elle si souvent liée à la référence aux récits mythiques ? Pourquoi avons-nous été, à travers les diverses thématiques, en position de solliciter régulièrement l’écriture mythologique ? Le moment semble venu de réinterroger la vocalité inconsciente, que la psychanalyse aborde par la clinique du sujet, à travers son aptitude à générer du mythe. Pourquoi le mythe, hellénique d’abord, mais aussi en ses diverses versions culturelles et historiques, s’est-il emparé de l’énigme vocale, comme pour faire droit à son caractère insaisissable de sonorité insonore et d’invocation ?

   La figure d’Écho serait le paradigme de cette mythologisation, dans la mesure où elle incarne le tragique, d’être appendue à la voix de l’autre, en un rendez-vous manqué retentissant. Mais au-delà, c’est l’occasion de voir quel usage de tel mythe, ou tel fragment de mythe, peut servir comme écritoire de la voix.         Cartographie mythologique qui montrerait pourquoi « le mi-dire » de la narration, plutôt que l’objectivation du discours, est requis pour faire entendre la vocalité inconsciente, de Narcisse à Œdipe. Ainsi peut-on espérer voir se dégager le point de convergence kaléidoscopique et la caisse de résonance de ces scénarios multiples. La vérité de la voix sortirait donc de la bouche du mythologue, pour que le psychanalyste puisse la retranscrire dans le registre du savoir. Ainsi se dégagerait en miroir rien moins que la voix du mythe comme formation inconsciente.

 

Voir le programme détaillé des tables

 

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Plan d'accès :

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Que ces paroles de Valère Novarina nous donnent le tempo à l'entrée dans cette année que nous aurons à faire nouvelle...

Tels sont les vœux que le CRIVA adresse à l'ensemble de ses membres et visiteurs de ce site.

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Sur une proposition de Claire Gillie, portée à l'expression visuelle par Magali Roumy Akue 

 

  « Voix in-vulnérables »


Séminaire CRIVA du mardi 14 janvier 2025 de 20H30 à 22H45

en zoom autour de Magali ROUMY AKUE et Gilles ANQUEZ

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Magali Roumy Akue : In-vulnérable : le tiret comme corde-f\•/cale 

ARGUMENT :

Le terme "vulnérabilité" est polysémique et traverse les champs disciplinaires. Cette notion fondamentale se déploie selon cinq dimensions distinctes mais intrinsèquement liées : ontologique, environnementale, sociale organique et psychique.
Dans sa dimension ontologique, comme le soulignent les philosophes Nussbaum, Tronto et Honneth ou Freud en psychanalyse, la vulnérabilité constitue une condition fondamentale de l'existence humaine. Nous sommes, par essence, dépendants d'autrui et de notre environnement naturel et social, exposés aux atteintes potentielles qui en émanent.
Dans sa dimension environnementale, elle est liée au territoire dans lequel le sujet évolue, les conditions climatiques, l’accès aux ressources naturelles et la richesse de la biodiversité ce qui a une incidence sur l’habitabilité.
Sur le plan social, la vulnérabilité se manifeste à travers nos conditions de vie matérielles, notre identité ethnoculturelle, notre genre et nos liens relationnels. Ces dimensions s'entrelacent et façonnent notre exposition aux risques sociaux, créant des zones de fragilité variables selon les contextes et les ressources de chacun.e pour y faire face.
L'exposition organique révèle une vulnérabilité inscrite dans la chair. Le corps, dans sa temporalité propre, traverse des cycles de transformation liés à l'âge, à la maladie, aux accidents de la vie. Cette vulnérabilité organique nous rappelle notre finitude et à nos dépendances.
La dimension psychique de la vulnérabilité se caractérise par notre perméabilité aux affects et aux relations. Elle se manifeste particulièrement lors d'expériences traumatiques et/ou de leur reviviscence, venant effracter ou mettre à l’épreuve le pare-excitation. L’être fait face aux atteintes potentielles, internes ou externes qui le menacent de sombrer face à ce que l’on pourrait appeler la catastrophe.

Si l’on comprend que nous sommes ontologiquement vulnérables, on peut avoir le sentiment d’être invulnérable ou tout au moins ne pas considérer notre vulnérabilité. Dans ce contexte, le tiret d'"in-vulnérable" opère comme un signifiant paradoxal. Il tente graphiquement une impossible séparation d'avec notre condition vulnérable, tout en révélant, par sa présence même, l'échec de cette tentative. Cette manifestation graphique trouve son écho dans la matérialité vocale.

Le tiret comme corde-f\•/cale est une proposition conceptuelle et graphique qui renvoie à :

- l’illusion de notre invulnérabilité qui nous évite de faire face à cet inéluctable, 
- à la coupure de l’advenance de la mutation ou de la catastrophe
à la prise de conscience de la vulnérabilité
- à la trajectoire vers la parole.

Nous aborderons donc dans ce séminaire les questions de comment ce tiret, dans sa matérialité graphique et son écho vocal, révèle la tension entre notre aspiration à l'invulnérabilité et notre condition vulnérable, et comment cette tension se manifeste dans la voix comme lieu d'incarnation des fragilités individuelles et collectives.

Bibliographie indicative
Assoun, P. L. (2023). Psychanalyse de la catastrophe : enjeux anthropologiques et cliniques. PUF.
Butler, J. (2010). Ce qui fait une vie. Essai sur la violence, la guerre et le deuil. Lectures, Les rééditions.
Freud, S. (2013). Au-delà du principe de plaisir. Éditions Payot.
Gillie-Guilbert, C. (2006). La voix au risque de la perte : de l'aphonie à l'a-phonie: la voix à corps perdu.
Tronto, J., & Maury, H. (2009). Un monde vulnérable. Pour une politique du" care". Lectures, Les rééditions. Butler

Magali Roumy Akue est maître de conférences à L'UPEC (Université Paris-Est Créteil), au laboratoire Céditec. Ses recherches explorent l’articulation du design et avec d’autres disciplines telles que les Sciences de l’éducation, les Sciences de Information de la Communication, la médecine narrative. Elle a publié aux Cambridge University Press, dans Sciences du Design, dans le iartem e-journal, communiqué dans différentes conférences (cfqcu, iced, iartem, iscar).

Au sein du BUT Métiers du Multimédia et de l'Internet, elle encadre notamment un projet avec les étudiants de troisième année, visant à valoriser les liens intergénérationnels à travers des récits croisés entre étudiants et seniors. Ce projet se concrétise par des publications papier et numériques ainsi que des productions audiovisuelles.

Elle contribue également à la conception pédagogique de l'EUR LIVE de l'UPEC, trajectoires et vulnérabilité en santé. Cette initiative d'envergure internationale permet de conduire des recherches et des enseignements pluridisciplinaires, accueillant des étudiants sélectionnés du monde entier.
Fondatrice du Projet Artice, une plateforme de veille pédagogique collaborative et contributive, elle anime une communauté de pratique réunissant cinq formations en design de l'enseignement supérieur.
Dans son travail artistique, elle est en quête de l’expression d’épaisseurs de réel à travers une traduction écrite et graphique qui explore la perméabilité, les échos et les rebonds. Membre du CRIVA, membre du conseil scientifique et responsable du design graphique. Elle réalise les maquettes et mises en page de la collection du CRIVA qui intègre des productions graphiques, photographiques et picturales.
*        *

Gilles ANQUEZ : L’empêchée invulnérable 

ARGUMENT :

Handicap. Polyhandicap. Déficience. Psychose. 
La voix d’une vulnérabilité des êtres.
Des êtres qui se retrouvent bien souvent loin du social commun, abrités dans des lieux leur offrant asile.  
Traversant cette vulnérabilité qui se montre au premier plan du corps, et saisit le regard, saisit l’oreille. 
De cette angoisse surgissant de et dans la « clinique de l’extrême ». 
Des corps empêchés. 
Des corps tordus, tendus, agités, difformes, manquants. 
Des corps en fauteuils roulants. 
Des corps assistés en permanence par l’autre. 
Des corps habités par des sujets dont la vie pulsionnelle se dérègle, se déroute, déborde. 
Le plein fouet du Réel. 
Et alors la voix ? 
Bien souvent hurlante. Gémissante. Pleurante. Ou silencieuse. 
Se répétant inlassablement dans un tissage de signifiants dans l’impasse d’une chaîne aux maillons déliés. 
Des phonèmes semblent abandonner le sens.
Sans peut-être l’abandonner pour de bon cherchant alors la rencontre en se présentant comme une énigme. 
Et l’autre ? Et l’Autre ? 
Sans voix, sans mots, comment appeler ? Comment répondre ? 
La musique revient sans cesse. 
La musique prête son appel à chacun, si loin soit-il. 
La musique prête son oreille. 
Sa présence. 
Mais alors, qu’appellent donc en nous ces sujets ? 
Et l’humanité, quelle que soit sa condition, invoque-t-elle de façon invulnérable sa propre humanité ? 

Gilles Anquez est musicien, chanteur, musicothérapeute et psychothérapeute à Lille. Formé au Centre International de Musicothérapie (CIM), il est également titulaire d'un Master 2 en études psychanalytiques (Université Paul Valéry - Montpellier III) et d'un diplôme de fn d'études en Psychopathologie à l'École Pratique des Hautes Études en Psychopathologie. La psychanalyse est une des approches qui l'accompagnent, nourrissant ses réflexions, ses recherches théoriques et cliniques. S'intéressant à la place de la musique dans le champ social, culturel et thérapeutique, il travaille auprès de différents publics en institution psychiatrique, gériatrique, hospitalière et pénitentiaire, de la périnatalité à l'accompagnement des personnes en fin de vie. Il est membre du CRIVA et de son Conseil d'Administration.

 

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Séminaire CRIVA "Voix de l'oubli, voix des oublié.es"

Le séminaire CRIVA du Mardi 19 novembre 2024 se tiendra à 20H30 (08 :30 PM) en zoom  autour de Gilles Anquez et Véronique Arnaud-Boutry sur le thème : « Voix de l’oubli, voix des oublié.e

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Léthé dans la brume (sculpture de Jànos Pàsztor- Travail graphique Gilles Anquez § conceptualisation commune avec Véronique Arnaud-Boutry)

Gilles ANQUEZ : Voix dans la brume

ARGUMENT :

La clinique de la maladie d’Alzheimer est une clinique de l’effacement de la voix. 

C’est une clinique de la voix tremblante, de la voix qui se répète, de la voix murmurant le hors-sens, mais aussi de la voix qui crie, de la voix « hachée », de la voix perdue aux bords du sens et de l’oubli.  

Ainsi, alors qu’elle s’efface, la voix porte le retour de l’objet pulsionnel « voix » sous les timbres du Réel. 

Voilà donc une voix qui oublie la voix, dans ce lieu où l’oubli lui-même est oublié.

Ce lieu où les coordonnées de l’Autre disparaissent sous les décombres du temps d’un sujet s’éteignant.

Portée par sa voix et tissée de lambeaux signifiants, la parole du sujet apparaît alors comme une déambulation sonore tentant de retrouver l’Autre dans un espace embrumé.

Là, la pulsion invocante redémarre et cale aussitôt, ne trouvant pas à s’orienter dans le brouillard signifiant. 

Redémarrer en permanence, recommencer sans cesse, alors que ce « sans cesse » prend l’allure d’un instant qui flotte dans un temps disparu. 

L’Autre ne répond plus, mais il est appelé, rappelé, et rappelé encore : « Allô, allô, allô !? »

Alors la musique. 

La musique porte-t-elle en son sein la voix de l’Autre en soi ? 

Peut-elle alors répondre, l’espace d’un temps musical aussi éphémère que le temps de son passage ?

 

Véronique ARNAUD-BOUTRY : Des voix sous le voile de l’oubli

ARGUMENT :

Fonction essentielle de la mémoire, l’ « Oubli » est un concept paradoxal, un principe à la fois destructeur et créateur. Il est personnifié par la déesse grecque Léthé, fille d’Eris (la discorde) dans la mythologie grecque.  Si il y a la nécessité d’un vide constituant au champ de la première fabrique du  grand Autre, lieu du trésor des signifiants,  où la voix résonne, pour qu’ensuite elle puisse résonner en soi, que dire des voix oubliées ? Quand la voix se voile sous le semblant, que l’ « objet a » propre à la pulsion invocante choit, des voix se dévoilent et se font multiples. Oralité rime avec vocalité. Mais toutes ne font pas consensus. Des voix tombent dans l’oubli. Je propose  d’aller à la rencontre de  Maud Mannoni qui a sorti de l’ombre  la voix des  enfants atteints  de maladie mentale ou de déficience et  celle de leurs parents. Au-delà de celles et ceux désignés  comme fous,  handicapés, débiles, des sujets et la place pour une parole et ses effets. Soit ce  réel clinique fait d’éléments épars, de signifiants agglutinés, de cris, d’un excès de corps, d’une adresse qui se cherche. Mais aussi  à la rencontre  d’Arlette Farge qui s’est attachée à faire résonner  la voix des gens dits de peu, en écoutant la voix des  archives et des petits  papiers pliés laissés au fond d’une poche. Autre réel de  voix retenues et mises sous réserve. A l’intersection apparaît répondre  en écho  dans l’après-coup,  cet  atelier de poésie surréaliste  que j’ai animé autrefois à l'École expérimentale de Bonneuil  et dénommé : « cadavre exquis » ou jeu des « petits papiers ».

 

Pour y participer et connaître les modalités d’accès, merci de vous inscrire sur le site du CRIVA https://www.criva.fr à l’onglet séminaire 2024-2025. En cas de difficulté, merci d’adresser un mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

         Léthé dans la brume (sculpture de Jànos Pàsztor)

 

 

  « Voix chorale ; du corps accord au chœur à chœur »

en zoom autour de  Odile AMOSSÉ, Nathalie MANCEAU & Claire GILLIE

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Odile AMOSSE : « Le chant du geste, une métamorphose ? »

 ARGUMENT :

De l’imaginaire de la cheffe de chœur, du chef de chœur, au partage sonore : l’union entendue du geste et de la voix ; langages entre la langue et sa musique.

Le chant choral, communion entre une cheffe silencieuse, un chef silencieux, et un chœur chantant, fait-il œuvre de métamorphoses ou lieu de mémoires ? 

Le chant choral rejoue-t-il « le corps accord » du triangle initial de chant d’amour mère, père, enfant, développé, théâtralisé dans la société, porteur de langages directs et/ou sublimes ? Le chant choral, le geste à l’œuvre, voix des voix, à l’essentiel d’une poétique ?

Odile Amossé est directrice artistique de L’IMV (Institut Musical de Vendée). Elle a été assistante du directeur musical au CMBV (Centre de musique Baroque de Versailles), et cheffe de chœur chargée de la filière vocale au conservatoire du Tarn. Elle est certifiée en éducation musicale et chant choral, titulaire du D.U. Voix et Symptômes Paris7 et d’un master2 E-tourisme et ingénierie culturelle des patrimoines Université de La Rochelle. Elle est membre de l’IFAC (Institut Français d’Art Choral).

Nathalie MANCEAU : « Voix chorales : entre frictions et harmonie »

ARGUMENT :

À travers mes expériences de direction de chœurs dans l’esthétique des musiques populaires, je m’interroge sur les dynamiques en action - individuelles et collectives - qui se jouent au sein d’une chorale amateure, au point d’en révéler sa singularité.
Avec une articulation autour de 2 axes:

- être en accord / être dans un corps à corps 

- ⁠en chœur / ran-cœurs 

Et des mots clefs : voix chorale, solitaire/solidaire, conflits/harmonie, lien émotionnel, interactions, illusion groupale, danse corporelle, corps collectif, quête d’appartenance, le chef de chœur catalyseur…

Et une comparaison d’expérience essentiellement entre la chorale rock senior Salt and Pepper et le collectif vocal ELLES. 

 

Nathalie Manceau est autodidacte ; une rencontre change le cours de sa vie à l'âge de 17ans : jeu en groupe, première scène et voilà, que la passion l'emmène ! De piano-bar en festival, elle voyage entre différents univers : blues, pop, rock, jazz, chanson… De conservatoire en formation universitaire, elle étudie la voix sous toutes les formes. De chanteuse à cheffe de chœur, Nathalie aime porter de beaux projets artistiques à « haute valeur humaine », toujours avec énergie et bonne humeur. Ainsi, elle est le « piment » des Salt and Pepper, Chorale Rock Senior détonante, à l’affiche au cinéma avec « Chœur de Rockers » en décembre 2022. Depuis 2019, elle impulse le collectif vocal ELLES et explore une nouvelle forme de chœur mêlant voix et mouvements, à travers spectacles, concerts et clips scénarisés. Elle est aussi le catalyseur des Cinés-Chanteurs du Studio 43 et des Marathoniens de la Création du réseau Cultures du Cœur. Artiste associée de la Compagnie Na !, elle imagine et porte des actions artistiques collectives et solidaires, dédiées aux droits des femmes et à l'écocitoyenneté. Pour résumer, Nathalie Manceau cherche à expérimenter de nouvelles voies pour que s’élèvent toutes les voix.

 

Claire GILLIE : « Signature et dédicace vocale ; d'un chœur à l'autre »

ARGUMENT :

Tel un tisserand, le chef de chœur entrecroise les fils savamment colorés des voix plurielles qui s’élancent ou ploient au moindre de ses gestes. La trame sonore émerge de cet enchevêtrement et cherche preneur, hors les arcanes anatomiques des choristes. Est-elle « empreinte vocale » ou « signature vocale » ? La pâte sonore du chœur porte-t-elle les emblèmes de celui ou celle qui le fait travailler et le dirige ? Quel est ce « geste vocal » collectif – se faisant offrande généreuse ou réservée – qui déplie ou retient sa dédicace invocante vers l’auditeur ?

Le lien à l’autre infléchit la position physique et psychique du corps, dans le corps à corps avec l’autre : la qualité vocale comme la qualité de l’appel s’en trouvent déviées. C’est toute une dialectique de la demande et du désir qui risque, si on n’y prend garde, de jouer contre la signature vocale du chœur. Certains en viennent à abattre des cartes qui ont nom alors de « résistance », « défense », « refus », « inhibition », venant alors entraver la dédicace à l’autre. Alors cent fois sur le métier le chef de chœur remet l’ouvrage. Afin d’éviter ces accrocs dans le tissu sonore et de veiller au grain (de la voix), afin que la musique puisse advenir.

Claire Gillie est Psychanalyste, membre d’Espace Analytique (A.M.E.a), et de la FEP (Fondation européenne pour la psychanalyse), docteur en Anthropologie Psychanalytique (Paris 7), chercheur associée au Laboratoire CRPMS de Paris 7, agrégée de musicologie (professeur en IUFM), pianiste et organiste. Également traductrice, elle a été chargée de cours à Paris 7 et Paris 3, après un parcours en ethnomusicologie (CNRS), sociologie (DEA). Elle a fondé et coordonné le D.U. « Voix et Symptômes, Psychopathologie et clinique de la Voix » à Paris 7, de 2013 à 2020. Elle a participé à une trentaine d’ouvrages publiés dans plusieurs langues, a écrit plus d’une centaine d’articles, et elle dirige la collection Voix/Psychanalyse chez Solipsy où elle a publié Voix éperdues. Présidente du CRIVA (Cercle de Recherche International Voix Analyse) dont elle est membre fondateur, elle organise des rencontres mettant les souffrances vocales à l’épreuve de la psychanalyse. Elle coordonne les récentes publications du CRIVA.

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Sortie annoncée de "Voix Chorégraphique"

Nous avons le grand plaisir de vous annoncer que  "Voix ChoréGraphique" va voir le jour vers fin mai début juin.

Le manuscrit est chez l'imprimeur et arrivera le 6 Juin à Paris. Pour le commander à un tarif promotionnel de 30 euros
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Vous désirez pré-commander :

Voix chorégraphique

 

Prix du livre : 30€ en pré-vente à la place de 35 euros. Il sera retirable à partir de juin 2024 soit lors du pot CRIVA de fin d'année le 17 juin, soit chez Claire Gillie (en lui écrivant à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ), soit en donnant votre adresse pour envoi postal  (en rajoutant les frais de port : 8 euros)

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