« Le musée de la voix ; de l’excitation à l’extinction de la voix »
Le Séminaire CRIVA du Mardi 17 février à 20H30
« Le musée de la voix ; de l’excitation à l’extinction de la voix »
Aphanisis - Voix éteinte - voix des morts - voix du livre - musée de mort parlant. « Une bibliothèque est le musée des morts parlants »
La parole sifflée : un mode de communication millénaire redécouvert il y a 100 ans et popularisé en l’an 2000.
C’est l’un des quatre modes de production de la parole articulée
Parmi plus de 70 lieux où l’on sifflait autrefois mais aussi encore aujourd’hui, on visitera le Béarn en Occitanie (1952), le village de Kuskoy en Turquie (1977), des siffleurs Mhongs (Yunnan Chine), l’ile de la Goméra aux Canaries (1999), en Amazonie (2016) et au Maroc dans le haut Atlas avec les siffleurs berbères (2019.
Au cours de la présentations de ces vidéos je parlerai des lois acoustiques qui permettent de comprendre le fonctionnement d’une langue sifflée.

Siffleurs chasseurs en Amazonie

Le monde siffle
Entendre et donc comprendre le fonctionnement d’une langue sifflée
Le message phonétique peut être transmis et perçu acoustiquement par quatre types de source d’énergie sonore, celles:
des cordes vocales (modale forte ou criée),
des cordes accordées(à un système musical) et des résonnances corporelles,
du larynx bloqué chuchotant
et de la bouche chuintantes (lèvres et dents).
Malgré les différences spectrales de ces sources ces ondes sonores subissent un processus commun, elles passent par les articulateurs et les cavité buccales de l’appareil phonatoire.
Pour les sources pulsionnelles (voix criée, chantée et parlée) elles peuvent subir des modulations de hauteur, d’intensité, de résonnances formantiques et de rythme.
Pour les sources de sifflement ou de bruit (chuchotement et chuintement) elles ne peuvent subir que des modulations d’intensité, de résonnances buccale et de rythme.
Pour le sifflement, les hauteurs et mélodies perçues sont les fréquences modulées par la cavité de résonnance buccale.
Pour le bruit de chuchotement, les hauteurs et mélodies perçues sont les hauteurs des bandes de bruit filtrées par la cavité de résonnance buccale.
En conclusion, on entendra et on verra que les sensations créées par des variations de fréquence ou par celles des bandes de bruit ont des valeurs cognitives communes en termes de perception de la parole.
Avec leurs signatures acoustiques, on a appris à reconnaitre les objets, les phénomènes naturels, les animaux et les artéfacts animés comme les machines.
Dans ces quatre modes énergétiques de production de parole et grâce à l’analyse des hauteurs perçues on ressent la position et les mouvements des articulateurs.
Tout comme on les entend et les associe en les produisant dans ces quatre modes de communication.

