Colloque CRIVA — « L’Art de l’Évocation ; les Voix du Réel »
5 mars 2027 : en présentiel , Mairie du 9ème
6 mars 2027 : en distanciel
Argument :
Point de voix sans évocation, désignant l’action de faire apparaître quelque chose comme par magie. Mais c’est aussi l’action d’interpeller quelqu’un par un discours ou l’Autre, soit la prière (« invocation »). C’est enfin l’action de rappeler quelque chose à la mémoire, rameutant les « voix du passé ». La langue nous met donc sur La piste de la voix qui simultanément présentifie, s’adresse et commémore. La voix, dès lors qu’elle s’élève, est donc imbriquée dans l’é-vocation, comme apparition, interpellation et mémorisation. Elle appelle et rappelle, telles les voix de l’halluciné, plus réelles que nature. La voix est déjà là, mais qu’en faire ? Comment feindre la dompter en lui donnant forme ? Il y a donc un art de la voix, au sens d’une aisthesis. Il est temps de se confronter à cette question centrale : comment élever la voix au rang d’art ? Si l’on pense spontanément au chant, elle pose la question de la diction et de tous les lieux où opère son non-lieu qu’il s’agira de prospecter avec l’art et la manière... Parlée, psalmodiée, enregistrée, etc., le champ nous est ouvert. On n’a cessé de rappeler son insonorité, effective, mais l’art, comme acte, parole musique et théâtre, stylise la voix. Voici donc l’art évocatoire, multiple et un à la fois. La voix se peint en quelque sorte -- ce que l’art baroque porte à son sommet -- elle émet de l’Autre. Du coup, elle s’inscrit dans le réel, l’esthétique de la voix la faisant exister sans jamais en venir à bout, l’écho signant la sonorisation du réel comme retour…

