« La voix poète ; l’appeau(hér)ésie invocant.e »
ARGUMENTS :
Estelle MATHEY *La Voix Poète*
ARGUMENT :
De la poétique de la voix à la voix poète, se profile une quête initiatique qui cherche, au coeur de l’écriture, la matière de l’oeuvre littéraire à construire, avec la matière impalpable et évanes-cente de la voix. Dans l’écriture, la voix s’écrit et s’inscrit sur la page de chair et dans les anfractuosités du corps. Ce corps écrivant, devenu écrin, accueillie le silence prophétique et le surgissement dans lesquels la voix se fait promesse de renaissance, sur les lèvres scellées du lecteur. Du terreau initial de l’écrit, où la voix aura fait germer une poétique, la voix poète s’élève, aérienne et vagabonde, pour conduire une existence sous la force d’une invocation. Entre les textes écrits et lus, publiés ou recelés, une chambre d’échos se déploie, aux murs denses et poreux, d’un contenant au contenu métamorphique.
Estelle Mathey est docteure en Langues et Lettres de l’Université catholique de Louvain et spécialiste des rapports entre voix et littérature. Elle est également enseignante et cofondatrice de l’association Lettres en Voix qui organise des activités diverses à destination du grand pu-blic (festival, rencontres littéraires, podcast et formations) autour des liens entre voix, musique et littérature. Elle est représentante du CRIVA pour la Belgique.
Gilles ANQUEZ *L’encre de la voix*
ARGUMENT :
Il y a du son dans l’écriture.
Du son dans la poésie.
Du son sur le papier.
Il y a cette musique entre.
Entre l’encre, le corps et l’oreille.
Du son que la voix porte à la lecture.
Cette articulation entre la lettre, les mots, l’image et l’oreille.
L’oreille intérieure du lecteur, l’oreille de l’auditeur et l’immensité des images qu’elle porte au travers de l’écriture.
De cette écriture qui s’extirpe d’où elle s’origine c’est à dire du corps, des courants psy-chiques et vagues subjectives du poète.
Et là, le poète sonore, celui qui tord le mot, en déchire le son, et qui par la voix semble laisser entendre les contours de la frontière vivante et bouillonnante entre le corps et le signifiant.
Ce poète qui navigue sur l’océan de cette poésie sonore, qui porte aussi parfois le nom de poé-sie concrète et qui nous témoigne, peut-être tout aussi concrètement, d’une aventure du Réel.
Écoutons-la donc quelques instants.
Discutons-la donc quelques instants.
Gilles Anquez est musicien, chanteur et musicothérapeute à Lille.
Dans ce vaste domaine qu'est la musicothérapie, la psychanalyse est une des approches qui l'accompagne et nourrit ses réflexions et recherches théoriques et cliniques. S'intéressant à la place de la musique dans le champ social, culturel et thérapeutique, il tra-vaille auprès de différents publics en libéral et en institution psychiatrique, gériatrique, hospi-talière et pénitentiaire, de la périnatalité à l'accompagnement des personnes en fin de vie. Membre du Criva et du Conseil d’Administration du CRIVA, il co-anime également un atelier voix et psychanalyse au sein de l'Association pour l'Étude de la Psychanalyse et de son Histoire (ALEPH).
Claire GILLIE * L'ancre de ta voix *
Tu esquisses une voix mêlée d’aube
Qui hésite aux lointains d’un chant perdu
Ta voix nommant d'autres voix
Surgit des houles de notre attente
Tu viens
Ta voix
Tranchant les ligatures du mot
Instaure l'autre connivence
Ta parole s'aventure
Tandis qu'en sourdine
La voix toute à sa trame
Poursuit de secrètes et étranges visées.
Tu cries.
Une musique a cessé.
Partout dans ce qui est,
Le vent se lève et dénoue la parole.
Ta voix se fait verbe.
La parole s’ébroue, traverse.
Elle est le verbe de la traversée.
C'est le verbe fait chair.
Ta voix ouvre le chemin
Trace perdue de l’appel de l’Autre
Claire Gillie est Psychanalyste, membre d’Espace Analytique (A.M.E.a), et de la FEP (Fondation européenne pour la psychanalyse), docteur en Anthropologie Psychanalytique (Paris 7), chercheur associée au Laboratoire CRPMS de Paris 7, agrégée de musicologie (professeur en IUFM), pianiste et organiste. Également traductrice, elle a été chargée de cours à Paris 7 et Paris 3, après un parcours en ethnomusicologie (CNRS), sociologie (DEA). Elle a fondé et coordonné le D.U. ≪ Voix et Symptômes, Psychopathologie et clinique de la Voix ≫ à Paris 7, de 2013 à 2020. Elle a participé à une trentaine d’ouvrages publiés dans plusieurs langues, a écrit plus d’une centaine d’articles, et elle dirige la collection Voix/Psychanalyse chez Solipsy où elle a publié Voix éperdues. Présidente du CRIVA (Cercle de Recherche International Voix Analyse) dont elle est membre fondateur, elle organise des rencontres mettant les souffrances vocales à l’épreuve de la psychanalyse. Elle coordonne les récentes publications du CRIVA.

